Philippe de Moerloose : « La réussite et le développement de l’agriculture africaine passent par la mécanisation »

Auteur 4 juin 2015 0
Philippe de Moerloose : « La réussite et le développement de l’agriculture africaine passent par la mécanisation »

Philippe de Moerloose est un homme d’affaires belge, dirigeant et fondateur du consortium SDA-SDAI, un groupe spécialisé dans la distribution d’automobiles, d’équipements et de machines agricoles en Afrique.

Avec CBA Trading et SDIAG, filiales du consortium SDA-SDAI impliquées dans la distribution d’engins agricoles, Philippe de Moerloose participe activement à la mécanisation et au développement de l’agriculture africaine. Le soutien du groupe SDIAG – distributeur officiel de la marque John Deere en RDC, au Rwanda et au Burundi –  au Plan de Mécanisation Agricole Congolais impulsé par le gouvernement de Kinshasa illustre cette volonté. Mais pour Philippe de Moerloose, il est nécessaire d’aller encore plus loin pour permettre à l’agriculture africaine d’entrer dans une nouvelle ère.

Agriculture : le grand défi de l’Afrique pour le XXIe siècle

Agriculture-Mécanisation-en-Afrique_Philippe-de-Moerloose-SDIAG_Photo-2Grand connaisseur du continent africain, où il a grandi, Philippe de Moerloose nous livre son analyse de la situation : « Avec une population amenée à doubler d’ici 2050 et une croissance économique continue, la modernisation et le développement de l’agriculture sont les défis de demain pour l’Afrique ». Le défi du XXIe siècle pour l’Afrique, avec une population appelée à croître encore très fortement dans les prochaines décennies, c’est évidemment l’autosuffisance alimentaire. L’agriculteur africain qui devait nourrir en moyenne 2 personnes il y a 30 ans doit aujourd’hui en nourrir 5, sous la pression de différents facteurs (augmentation de la population, exode rural, extension des zones urbaines).

La modernisation des outils de production, qui permettra d’augmenter la productivité agricole, passe notamment par la mécanisation et la motorisation. Dans les pays développés, cette révolution a déjà eu lieu et elle a joué un rôle central dans l’évolution des systèmes agricoles, dont la productivité a considérablement augmenté. Par ailleurs, les études réalisées mettent en évidence que l’engagement des agriculteurs sort renforcé d’un tel mouvement.

Philippe de Moerloose partage en tout cas la même conviction, tout en précisant que cette transformation doit être adaptée au contexte africain : « La réussite et le développement de l’agriculture africaine passent forcément par la mécanisation. Bien entendu, une telle révolution doit être progressive, il faut tenir compte de tous les acteurs et des spécificités du monde agricole en Afrique ». En comparaison aux pays développés, les spécificités de l’agriculture africaine sont en effet nombreuses : prépondérance de la traction humaine ou animale dans la production d’énergie pour des besoins agricoles, petite taille et faible modernité de la majeure partie des exploitations agricoles, autres contraintes environnementales, etc.

Pourtant, et malgré les résultats mitigés des précédentes actions en sa faveur, la mécanisation agricole de l’Afrique apparaît plus que jamais comme une nécessité : « Si l’on souhaite favoriser le développement durable et autonome de l’agriculture africaine, cette évolution est indispensable et même stratégique », rappelle Philippe de Moerloose. Chantier colossal mais prometteur, cette « révolution agricole » doit être soutenue par des politiques ambitieuses et le volontarisme des gouvernements africains.

En RDC, Philippe de Moerloose et SDIAG apportent leur soutien au développement d’une agriculture plus moderne et mécanisée

Le cas de la République Démocratique du Congo illustre bien la prise de conscience et la nouvelle volonté des dirigeants africains en matière de politique agricole. En 2011, un plan d’action baptisé « Stratégie de mécanisation agricole de la RD Congo » a été mis en œuvre au cœur du sous-continent subsaharien, avec l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Cette stratégie comporte cinq grands objectifs :

  • améliorer la sécurité alimentaire via l’intensification de la production et l’extension de terres cultivées,
  • améliorer les revenus des agriculteurs et des acteurs de la filière agricole,
  • alléger la charge de travaux pénibles pour les agriculteurs,
  • créer des emplois en milieu rural via le développement de la fabrication de matériels agricoles et de services de maintenance,
  • appuyer la protection de l’environnement.
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Philippe de Moerloose

Cette stratégie nationale de mécanisation agricole, Philippe de Moerloose – qui a passé toute son enfance en République Démocratique du Congo – la connaît bien. Et pour cause : SDIAG, filiale du consortium SDA-SDAI qu’il dirige, a activement participé à la mise en œuvre de ce plan de grande ampleur soutenu par la FAO et le gouvernement de Kinshasa.

Fondée en 2011, « SDIAG est distributeur officiel de la marque John Deere et propose une vaste gamme de tracteurs, moissonneuses-batteuses, pulvérisateurs, transporteurs et autres équipements agricoles en République Démocratique du Congo, au Rwanda et au Burundi » explique Philippe de Moerloose, très fier de ce partenariat avec le fabricant américain qui jouit d’une excellente réputation à l’international, tant pour la qualité de ses produits que pour son sens de l’innovation.

L’implantation locale de SDIAG en République Démocratique du Congo, avec des concessions à Kinshasa et Lubumbashi, a permis à l’entreprise de Philippe de Moerloose de contribuer efficacement au Plan de Mécanisation Agricole Congolais. « Nous avons assuré la livraison et la mise en route de plus de 3 000 tracteurs, avec charrues et remorques. Ces matériels ont été confiés aux gouverneurs de province qui se sont chargés de leur répartition. Pour moi, c’est une vraie fierté car à travers cette campagne de mécanisation, nous contribuons activement à la modernisation de l’agriculture en République Démocratique du Congo », conclut l’homme d’affaires belge.

Mais pour Philippe de Moerloose, c’est l’ensemble du continent africain qui doit se lancer sur la voie de cette « révolution agricole » afin de répondre aux enjeux de demain, tout en prenant en main sa destinée. Une conviction à l’image du reste de son investissement dans la région, qui s’inscrit dans la continuité. Porteur d’une vision résolument optimiste pour l’Afrique du XIXème siècle, Philippe de Moerloose croit surtout en cette région dont il connaît le formidable potentiel et les nombreux atouts. Le reste ne semble être qu’une question de moyens et de volonté.

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